Investir en Afrique : une opportunité avec des risques maîtrisables
- 4 mars 2021
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Dernière mise à jour : 7 avr. 2021

L’Afrique : un continent d’opportunités
« L’Afrique est la région économique qui a la plus forte croissance dans le monde. C’est le bon endroit pour investir… »[1] . Cette phrase prononcée par Aliko Dangoté, il y a 7 ans, est toujours d’actualité et les perspectives économiques pour le continent en sont la parfaite illustration.
En dépit des soubresauts observés sous l’effet de la pandémie à coronavirus, l’activité économique de la région devrait croître au rythme de 2,7 % en 2021[2].
Par ailleurs, l’un des facteurs de l’attractivité du continent demeure sa population. Face au vieillissement de la population de la plus part des régions du monde, la population africaine est jeune et en expansion. Cela constitue un marché formidable pour les biens de consommation avec une classe moyenne émergente et une contribution importante pour la main d’œuvre de plus en plus qualifiée.
En outre, le sous-sol africain est particulièrement riche et une bonne partie de ses trésors sont encore sous-exploités. Aujourd'hui, le continent renfermerait près d'un tiers des réserves en minerais de toute la planète. Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), le continent abrite 54 % des réserves mondiales de platine, 78 % de diamant, 40 % de chrome et 28 % de manganèse. « 19 des 48 pays d’Afrique subsaharienne possèdent d’importantes réserves d’hydrocarbures, de pétrole, de gaz, de charbon ou de minéraux et 13 pays explorent actuellement de nouvelles réserves », relève le PNUD. Ces chiffres non exhaustifs montrent clairement que l’avenir c’est l’Afrique, si ce n’est déjà le cas.
Nonobstant ces données reluisantes, investir sur le contient présente tout de même des risques, comme partout ailleurs.
Les risques liés aux investissements sur le continent
Investir présente des risques indéniables. L’environnement des affaires est parfois caractérisé par des incertitudes qui font craindre le pire pour les investisseurs [3].
Les facteurs macro-environnementaux influencent les entreprises surtout dans un contexte où elles ont peu ou pas de pouvoirs. A titre d’exemple, nous citerons les risques politiques et sécuritaires, les risques interculturels et les risques juridiques.
Les risques politiques et sécuritaires : ces risques sont principalement liés au terrorisme et au pouvoir politique. Le risque terroriste se traduit par l’activité des groupes terroristes dans différentes régions : Ansar Dine et Mujao au Nord-est du Mali, AQMI dans la bande sahélienne, Boko Haram dans le Nord du Nigéria, les islamistes shebabs en Somalie et partiellement en Éthiopie et au Kenya. L’accession au pouvoir par des élections jouées d’avance ou des coups d’état militaire et le maintien au pouvoir sont également sources de tensions et donc d’instabilité.
Les risques interculturels : Le recours à l’emploi local est impératif. Il faudrait donc prendre en compte les conceptions des relations sociales entre les cultures. Le sens de la hiérarchie, le droit d’aînesse y sont, par exemple, plus rigides.
Les risques juridiques : La corruption est un mal qui gangrène le continent. Selon Transparency International, c’est la région du monde où la corruption est la plus forte[3]. Les entreprises sont donc exposées et les actions des services publics ne sont pas encore suffisantes, de sorte à la juguler. Cela est un réel défi pour les entreprises françaises. En effet, avec la Loi Sapin 2, si des actes de corruption sont commis à l’étranger par une personne de nationalité française ou par une personne résidante habituellement ou exerçant tout ou partie de son activité économique sur le territoire français, la loi française sera applicable en toutes circonstances. En définitive, les entreprises souhaitant saisir les multiples opportunités qu’offre le marché africain sont confrontées à des problématiques énormes. Il convient donc d’envisager la mise en place de stratégie visant à surveiller, analyser, anticiper et protéger son environnement.
L’intelligence économique, outil de sécurisation de son investissement en Afrique
L’intelligence économique est une notion encore méconnue et elle est assimilée bien souvent à de l’espionnage et des pratiques illégales. Alors, qu’en est-il en réalité ?
« L’intelligence économique est une ingénierie de la collecte, de l’analyse stratégique et de la valorisation de l’information utile pour un éclairage et une aide à la décision. Elle utilise toutes les ressources des technologies de l’information et de la communication, des réseaux humains et de leur capacité d’influence pour donner aux entreprises, ou à un État, les moyens d’être plus compétitif et plus efficace face à la concurrence. Pratiquée par tous les grands pays industrialisés et émergents, elle permet d’assurer aux entreprises un avantage concurrentiel»[4].
Pour les entreprises souhaitant s’implanter, développer des activités ou réaliser des marchés ponctuels en Afrique, la structuration de votre investissement requiert une bonne connaissance des enjeux fiscaux, financiers, juridiques, économiques et culturels, entre autres.
Maîtriser l’environnement dans lequel on évolue n’est pas un luxe réservé à des privilégiés. C’est un impératif catégorique pour tous !
Je vous invite donc à vous attacher les services des cabinets de conseil en intelligence économique, qui ont surtout une parfaite maîtrise de l’environnement africain. Ainsi, vous pourrez aller plus sereinement saisir les opportunités sur le continent en maitrisant les risques.
Bohenand FLAN
General Manager of EBI Partners
[1] Aliko Dangoté, PDG de Dangoté Group lors du forum économique mondial pour l’Afrique en 2014 [2]http://pubdocs.worldbank.org/en/124551599838764312/Global-Economic-Prospects-January-2021-Regional-Overview-SSA-FR.pdf [3] https://www.agenceecofin.com/actualites/2901-84668-classement-2021-des-pays-africains-selon-lindice-de-perception-de-la-corruption-transparency [4]L’intelligence économique vue par Bercy – Service de Coordination à l’Intelligence Économique, Ministère de l’Économie et des Finances



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